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21.01.2012

18/ L'Ordre des Choses - RAISON - FOI - CONSCIENCE .

§ 2 / En famille " ...savoir de quoi qu'on cause..."

 

Assis comme il se doit au haut bout de la table, calme et tranquille, il aimait pourtant l’ exhubérance des enfants – « Enfants » tous largement adultes, mais…bon ! – le joyeux tumulte des conversations croisées, dont il saisissait au vol des bribes de phrases.

   Suivant plus ou moins consciemment son exemple, leurs propos témoignaient de l’ attention qu’ils portaient aux moindres événements de l’existence, car il aimait à dire que le moindre caillou, la moindre brindille, le plus petit moucheron – et il rappelait volontiers le conte du «petit lac d’eau claire et de la brise légère» (cf. «La raison du Ramier») – et même chaque instant qui passe - a une histoire à raconter, qui mérite d’ être écoutée et transmise avec soin et respect. Et donc, ils s’exprimaient correctement, utilisant des termes précis ; à une époque de G.S.M., d’abréviations bizarres et d’acronymes barbares, cette manière de parler contrastait avec le parler approximatif et dilué – mais qualifié de «moderne» - des amis présents.

  

   Certains d’entre eux entouraient un jeune couple, intéressés par leur conversation passionnée ; en effet, ils faisaient montre l’un et l’ autre d’un égal enthousiasme devant l’extraordinaire développement de la science et des techniques d’ investigation, auxquels notre époque était parvenue ; mais si le jeune homme, très exalté, citait de nombreux exemples – de mémoire, et chiffres à l’appui ! – la jeune femme, elle, était plus réservée. Carrément dubitative, d’ailleurs, quant à ce que son compagnon présentait comme une évolution «illimitée» dans tous les domaines, elle voyait plutôt la Connaissance, limitée à  celui du rationnel, et s’étendant rapidement dans toutes les directions, mais en quelque sorte selon un plan unique, «horizontal» - à la manière d’une tache d’ huile à la surface d’une eau calme, dit-elle avec un sourire ! – ce qu’au demeurant elle trouvait admirable, mais s’ étonnait de ce que le plan «vertical» semble négligé. Et elle précisait qu’il lui semblait bon que la science s’ intéresse à des perspectives à long terme, à la recherche du sens, de la (ou des) finalité(s) de cet énorme déploiement d’ énergie collective; et, dans l’autre sens, en quête des causes premières, du «pourquoi» fondamental.

 

   La réplique la surprit complètement : soudain plus tendu, le jeune homme affirma, avec emphase, que la «Science» (on devinait une hypermajuscule !) trouvait en elle-même sa justification, et allait dans le sens du progrès de l’Humanité» (affirmation pompeuse, que J.Verne aurait pu mettre dans la bouche du professeur Aronnax face à Ned Land, dans le Nautilus du capitaine Nemo ! pensa-t’elle) ; mais lui continuait : «elle s’ appuie sur l’ expérience de ce qui est mesurable et reproductible», et n’a que faire de ce qui n’ est que «spéculation mentale» (par égard pour elle, il se retint de dire «masturbation intellectuelle») !

   Elle en était sûre maintenant : son copain cherchait à se convaincre lui-même, sinon quel eût été le sens de ces phrases conventionnelles, dont les savants eux-mêmes contestaient le bien-fondé ? Elle se rebiffa, et demanda si, justement, la Science ne devrait pas occuper ces vastes espaces en friche, au lieu de les laisser à la merci des «spiritualismes» de tous bords – quitte à accepter de ne jamais atteindre les LIMITES ultimes (elle insista sur ce mot, narguant l’autre, de plus en plus coincé !)

   Il prit alors un air narquois :«Ah ! L’origine des origines, le But final, le Point Omega…mais ça, il faut «Y» croire !» Ce à quoi elle répondit, de plus en plus véhémente: « Non, il faut CROIRE, tout court, c’est ça vraiment la FOI !»

   Alors, comme si des mots fatidiques (cf. Dico !) avaient été proférés, les conversations hésitèrent, on se tourna vers eux, et quelqu’un dit: «Moi, je vis dans la foi!» avec détachement, une feinte indifférence, au demeurant peu compatible avec la profondeur qui siérait à un tel …engagement (v. plus loin).

   Aussitôt, des commentaires se firent entendre, se détachant du murmure embiant ; l’un ricana « moi, j’crois pas à  TOUT CA ! » aussitôt relayé par un autre, qui bafouilla avec une irrévérence forcée « TOUT CA, c’est des histoires de curé !» 

 

   Ainsi, des mots, pourtant usuels, avaient amené une espèce de profession de …foi bien tiède, creuse, et dénuée de sens profond, aussitôt suivie de quelques phrases conventionnelles, souvent prononcées dans des conversations banales.     Et toute cette médiocrité de s’étaler, comme en réaction à des propos irrecevables, dérangeants…TABOUS ?

 

  C’ est alors que, gentiment ironique, forçant un brin son parler du terroir, il laissa tomber : «…TOUT CA ? faudrait voir à voir de quoi qu’on cause !»  

 

 

12:57 Écrit par Ivdyakovan | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

27.11.2011

18/ L'ORDRE des CHOSES - RAISON - FOI - Conscience .

 

         Peut-être est-ce se montrer naïf – ou alors, outrecuidant ? voire abominablement vaniteux ? – que d’aborder ainsi abruptement ces notions, à propos desquelles s’affrontent depuis toujours de graves docteurs, qui d’ailleurs continuent à se fustiger mutuellement, à coup d’ anathèmes péremptoires et d’ excommunications sans appel ! Non !

         Le propos est ici de re-visiter ces sujets « au premier degré », sans se soucier ni de ce qui a pu être dit, ou écrit, ni de logique discursive, ni de références scientifiques ou philosophiques: c’ est une conversation à bâton rompu, de « réflexions libres sous forme de dialogue avec l’Arbre …»

       témoin de longue date, avec ses congénaires, de l’humaine condition.

 

   OR DONC, § 1er: la RAISON …et d’emblée, sortir d’ambiguïté :

 

         en Français, ce terme peut s’appliquer à un comportement pondéré, respectueux de soi-même et d’autrui, ainsi que de l’environnement , tout en adoptant un mode de vie moderne (on peut rêver !):il désigne ainsi une attitude «raisonnable». (théoriquement, ça existe !) .

          Mais il peut prendre aussi un sens beaucoup plus coercitif, qui se révèle dans des expressions telles que:«il n’y a pas de RAISON pour…», «il faut RAISON garder» (remarquez l’inversion, pour mettre le mot en évidence!), et même les petits enfants sont sommés de se montrer RAISONNABLES, ce qui, dans ce cas, équivaut à silence et immobilité ! Dans l’ensemble,on parlera ici de «rationalité».

 

          [Curieusement, ces deux acceptions, somme toute complémentaires, sont souvent antagonistes dans les faits, ce qui semble avoir été peu remarqué et analysé.]

 

          La Raison est une fonction essentielle de la vie humaine, qui s’appuie, à juste titre, sur deux piliers solides et incontournables : la SCIENCE et la TECHNIQUE, qui seront donc utilisés de manière rationnelle.

 

           Mettons-nous d’accord, et désignons par «Science», globalement, tout ce qui émarge au Mental, du langage aux mathématiques- outils indispensables à un travail structuré-jusqu’aux sciences naturelles et aux étapes les plus avancées de la recherche pure. La Technique suit un parcours parallèle, en concrétisant – «réalisant» au sens étymologique – ce que le mental à élaboré : tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !

 

         Notre époque est vue, sans doute à …raison, comme hyper-rationaliste, et logiquement, nous devrions vivre dans un monde idéal, parfait, somme toute normal. Mais du point de vue de l’ Arbre, on s’aperçoit bien vite que les bonnes intentions de la Raison sont récupérées aussitôt par la rationalité, qui, sans état d’âme, justement, les détourne et les applique aux projets les plus démentiels : P. et M. CURIE découvrent et analysent la radioactivité, suivis d’éminents savants qui en déduisent les extraordinaires possibilités de l’énergie nucléaire, et on en fait, très rationnellement une bombe ! Et les bonnes âmes d’y voir une situation normale dans une «vallée de larmes» où nous devons «expier» d’immondes «péchés». Ne nous y trompons point, prêcher le malheur immanent et l’état permanent de péché est un fond de commerce rentable pour ceux qui prétendent nous en délivrer. Et, en effet, qu’y a-t’il de plus RATIONNEL que la manière dont les religions, les sectes, et, en général, tous ces mouvements qui se veulent à caractère «spirituel» ont analysé, endigué, et finalement, exploité sans vergogne les peurs endémiques que l’Humain (vous avez dit «sapiens»?) a contractées par son accession à la Conscience - nous l’avions bien vu avec notre lointain Ancêtre.

          Sans états d’âme, pas de scrupules: caractéristiques d’un comportement étroitement rationnel ! Car ces innombrables groupes se donnaient pour mission de transcender ces angoisses ancestrales ; au lieu de cela, voyez comme chacune se présente comme seule et unique détentrice de « la » vérité, comment chacune ramène toutes les autres au rang de superstition, déclenchant ainsi les plus stupides, mais surtout les plus cruelles et les plus sanglantes des guerres: les guerres de religion.

 

          La Guerre : endémique ou ponctuelle, larvée ou déclarée, partout présente, elle est toujours imprégnée de rationalité, malgré son aspect démentiel. Ici, la science devient stratégie, les victimes sont des dégâts collatéraux, les humains deviennent la troupe, ou l’armée, ou le groupe d’action, ou la guérilla...: abjecte terminologie qui montre bien tous les visages derriere lesquels se cache une rationalité veule, au service des plus bas instincts ; ici, la technique se consacre à l’armement, et y apporte tout son génie : les moyens de destruction, massive ou autre, ne sont-ils pas à la pointe des réalisations les plus sophistiquées ? Et ainsi, l’on se trouve en face de la plus totale absurdité : des «drones» sans pilotes assassinent à distance des Humains sans visage, à la conscience étouffée par des moyens très rationnels, matraquage médiatique ou abrutissement par des drogues, tout cela rationnellement analysé, étudié, calculé, dosé pour un rendement maximal.

 

          Mais qu’est-ce que donc la Raison, et son mode de fonctionnement, la rationalité, qui est donnée comme un acquis majeur, et l’apanage exclusif de l’ Humanité ?  

 

          Et si la Raison n’était pas ce que l’on croit ? Et si la raison, et son «serveur» dévoué : l’intellect, n’étaient que de stupides outils à qui – paresse? lâcheté? les deux, et plus? - nous avons délégué tous les pouvoirs, et qui en usent de façon tyrannique? Voyez l’histoire : les tyrans sont toujours des débiles mentaux, qui n’existent que par ceux qui les manipulent - qui, eux, sont de brillants intellectuels  qui «surfent» sur nos démissions.

 

          N’est-ce pas là que résident la malédiction, le péché, la faute, ces personnages inventés de toute pièce – aujourd’hui, ils sont «virtuels» - que sont le MAL , le DEMON, aussi appelé d’ailleurs le …Malin ?  

 

          Il est bon d’entendre le rire profond du «vulgum pecus», dont le bon sens a affublé d’un nom vulgaire («ratio», c'est-à-dire la gamelle du trouffion romain !), ce qu’on voudrait faire passer pour le dernier état de l’Evolution, ces braves gens qui se réfèrent, tout bonnement, a l’ ORDRE DES CHOSES .   

                                                                                        

 

 

13:17 Écrit par Ivdyakovan | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

09.08.2011

17/ La Raison du Ramier (suite)

   Le petit Lac et la Brise légère ne seront plus jamais les mêmes - dit l' Arbre. A l'autre bout du Temps et de l'Evolution, voici le Ramier, qui se comporte avec toute l'apparence de la Raison, et, sans bien savoir de quoi l'on parle, on le dit "guidé par l' Instinct " .

  Expérience - Raison - Instinct : encore des mots, trois mots couramment utilisés, sans trop se préoccuper de leur signification profonde. Pourtant, l'étude - même superficielle - de leur étymologie, de leur histoire, en somme, souvent réserve des surprises, pleines d'enseignements.

  Ainsi, le terme "Expérience", bien qu'employé d'une manière proche de son sens étymologique, se montre, à y regarder de plus près, subtilement modifié. Une personne d'expérience était, jusqu'il n'y a pas si longtemps, quelqu'un d'âge mûr, ayant tiré enseignement de chaque événement de sa vie, jusqu'au plus insignifiant, et donc capable de bon conseil, d'avis sensé sur tous les sujets, même en dehors de ses compétences propres: "expérience" s'apparentait alors à un certain degré de "sagesse" . Par ailleurs, on consultait celui ou celle que la longue pratique d'une activité précise rendait apte à une appréciation correcte dans ce domaine ; on parlait alors de quelqu'un d' "expérimenté" capable d'un "avis autorisé". Bien que ces termes soient encore utilisés en ces acceptions, de plus en plus, sournoisement, pourrait-on dire, un glissement du sens s'opère, provoqué par une recherche toujours plus poussée d'une pseudo-objectivité: ainsi, l'on recherche le conseil de la personne qui a fait des expériences dans tel ou tel domaine bien délimité, même si cette personne ne fait montre d'aucune sagesse - voire tout bonnement d'intelligence ! - et l' "avis autorisé" est abandonné à une nouvelle catégorie d'individus qui sévissent de plus en plus : les EXPERTS !

  Ces distinctions peuvent paraître arbitraires, et dénuées d'intérêt, si l'on n'y pouvait voir l'emprise toujours grandissante d' une "rationnalisation" envahissante, et, corollairement, le refoulement des possibilités de la Conscience intuitive, de la pensée pure, en amont de tout raisonnement.

  La Raison, justement, qui est vue à notre époque comme le sommet de l'Evolution, et l'apanage exclusif du genre humain, l' "homo sapiens sapiens", qui sait, et qui sait qu'il sait, et qui se sent de ce fait autorisé à imposer sa loi, ou plutôt, sa vision des choses, comme la vérité universelle: nous avons déja rencontré cette erreur originelle, ce "péché ", responsable des catastrophes majeures depuis... mais voyons l'étymologie. Issu du mot latin "ratio" - lui-même ayant pour origine le Grec ancien - il signifie à l'origine un compte, une répartition correcte, en fait, comme en physique ou en chimie, la réunion des conditions nécessaires et suffisantes pour...par exemple, partager les vivres, ou les propriétés, ou tout simplement l' "ordinaire" du légionnaire romain, d'où, en droite ligne, le Français "ration" : signification bien prosaïque juxtaposée à cette qualité majeure - ou vue comme telle: sa majesté la Raison ! Mais en fait, le bon sens, le sens commun, dans sa sagesse fondamentale, en utilisant ce terme pour désigner un comportement convenable, ne met-il pas la fonction de raison à sa juste place: celle d'un outil, ou d'un système, éminemment utile, pratique, voire indispensable, pour l'être conscient, dans sa vie avec les autres, dans l'organisation d'une société, mais qui doit rester un MOYEN, sous le contrôle permanent et absolu de la Conscience. Cela va sans dire ? Pourtant, de grands penseurs, de tout temps, ont estimé devoir le dire et le répéter de mille façons, à commencer par les belles histoires, celle du "Marteau sans Maître", et combien de variantes de l ' "Apprenti Sorcier", toutes avec la même trame: l'outil, ou le serviteur, ou la personne incompétente, prenant la place du Maître, l' Initié, celui qui apprivoise les forces naturelles, et déclenchant ainsi des événements incontrôlables, aux conséquences imprévues. 

 Quid alors de l 'Instinct ?

   On admire, d'une manière ostentatoire - pour mieux s'en distancer? - le comportement des animaux, avec des exemples sans cesse rabâchés : de la toile de l'araignée aux grandes migrations, en passant par tout ce qui entoure la confection des nids et les soins de la progéniture ; tout cela est analysé, classé, pesé, emballé, étiqueté : INSTINCT, et tout est dit!

  A nouveau, l' étymologie va montrer une dérive, aussi une falsification - peut-être inconsciente, mais en tout cas rassurante au demeurant! - du sens premier : ce qui désignait une pulsion, un acte incontrôlé, donc irraisonné, devient l'essence même du comportement animal, dont, par ailleurs, on admire l'efficience, donc la logique, proche parente et complice de la raison. Ainsi, par un retournement du sens, on croit se démarquer de nos "frères z-inférieurs" tout en soulignant les convergences génétiques avec le genre humain. Vous avez dit rationnalité ? Objectivité ?

   Mais pourquoi opposer Raison et Instinct ? En intervertissant simplement les termes, est-il absurde de considérer l' Instinct - que chacun s'accorde à voir comme immuable, voire infaillible - comme le Maître initié , mais invisible, impalpable, pour tout dire: immatériel ! - utilisant la raison, le comportement rationnel des êtres, tous confondus, pour se manifester ? On peut constater à quel point la raison laissée à elle-même mène à toutes sortes d' aberrations "logiques", de la bombe atomique à l' épuration ethnique, en passant par les racismes de toutes couleurs( qui est donc le grand savant qui a dit que "science sans conscience n'est que ruine de l'âme"? N'est-ce pas exactement notre propos?)

   Revenons à notre brave Ramier: son instinct, immuable, infaillible, le mène à construire un nid, et pas n'importe quel nid: un nid de ramier ! et il s'applique à la tâche, avec beaucoup de sens pratique - donc de raison, non? Voir étymologie ! - mais...il vient de laisser tomber sa branchette, comme n'importe quel Académicien distrait !        

22:23 Écrit par Ivdyakovan | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook